Globe Or : une seconde vie pour les globes anciens, inspirée du kintsugi
- 6 octobre 2026
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Globe Or : une seconde vie pour les globes anciens, inspirée du kintsugi
Que faire d’un globe ancien dont une grande partie est irrécupérable, manquante ou endommagée ? Lorsque les dégradations sont trop importantes, le coût d’une restauration complète peut conduire à son abandon.
Avec Myriam Greff, artiste spécialisée dans le kintsugi, nous avons exploré une autre voie : préserver les parties anciennes encore présentes et faire des zones manquantes un espace de création à l’or.
Cette collaboration entre restauration de globes et métiers d’art a donné naissance à une première série de trois globes terrestres.
Sauver des globes anciens très endommagés
Dans mon atelier L’Utile Zéphyr, je restaure des globes terrestres et célestes dont les matériaux ont souffert du temps, de mauvaises conditions de conservation ou de manipulations.
Certains présentent des pertes importantes de cartographie. Reconstituer ces zones demande un travail minutieux, parfois disproportionné par rapport à la valeur marchande de l’objet.
Ces globes conservent pourtant un intérêt historique et une présence particulière. Leur carte témoigne d’une époque, de ses connaissances et de sa manière de représenter le monde. C’est cette matière ancienne que nous avons souhaité préserver, tout en leur offrant un nouvel avenir.
Une collaboration avec Myriam Greff
Notre projet réunit deux savoir-faire complémentaires.
J’ai restauré les parties conservées et préparé les zones lacunaires. Myriam Greff est ensuite intervenue pour couvrir d’or les espaces où la cartographie avait disparu.
La rencontre de nos pratiques a demandé un véritable travail de recherche. Il nous a fallu environ un an pour trouver des solutions adaptées aux matériaux des globes et aux exigences de réversibilité de la restauration.
L’or prend ainsi place dans les manques, au contact de la carte ancienne.
Une démarche inspirée du kintsugi
Le kintsugi nous a inspirées par la place qu’il donne à la réparation visible et à l’or.
Sur ces globes, nous avons adapté cette approche aux contraintes particulières du papier et de leur structure. Il s’agit donc d’une intervention inspirée du kintsugi, associée à un travail de conservation.
Les zones dorées rendent les pertes visibles. Elles permettent de distinguer immédiatement la cartographie d’origine de notre intervention contemporaine.
Quand l’or dessine une nouvelle géographie
À côté des frontières, des noms de villes et des océans imprimés, l’or introduit un autre dessin : celui des altérations de l’objet.
Chaque globe possède ses propres manques. Leur disposition détermine une composition singulière, que nous découvrons au fil du travail.
Ces objets fabriqués en série deviennent ainsi des pièces uniques, à la rencontre du patrimoine et de la création contemporaine.
Un globe présenté au Japon
En août 2025, j’ai présenté l’un de ces globes à l’Exposition universelle d’Osaka, au Pavillon France.
Ce petit globe terrestre de la maison J. Forest, datant de la fin du XIXᵉ siècle, illustre le dialogue entre mon métier de restauratrice et le travail de Myriam Greff.
Présenter cette collaboration au Japon a donné une résonance particulière à notre démarche et à son inspiration.
Préserver et transmettre autrement
Ce projet prolonge une conviction qui m’accompagne à l’atelier : même très endommagé, un objet mérite que l’on s’interroge sur son avenir.
Avec ces globes, la conservation ouvre un espace à la création. Les fragments de cartographie sont préservés, les pertes restent lisibles et l’or donne à l’ensemble une nouvelle présence.
Une autre manière de transmettre ces représentations anciennes du monde.
Le dernier Globe Or disponible
- Globe Or
Ce globe est le dernier encore disponible à la vente de notre série de trois ; les deux autres ont rejoint des collections aux États-Unis.








